L’opération de restauration de la continuité écologique de l’Yerres à Boussy-Saint-Antoine s’inscrit dans le cadre de la réglementation européenne de rétablissement et de restauration des continuités hydromorphologiques et écologiques des cours d’eau.
L’objectif principal de cette opération expérimentale est d’évaluer la résilience de l’Yerres, c’est-à-dire sa capacité à retrouver un fonctionnement aussi naturel que possible, au gré des saisons et de leurs répercussions sur les débits de la rivière, et des conditions environnementales locales telles que la nature du sol, le relief et l’espace disponible en fond de vallée, ou encore la dynamique de végétalisation. A l’issue de cette évaluation, il sera donc possible d’estimer le niveau d’accompagnement nécessaire à apporter au cours d’eau et ses abords, en particulier travaux de terrassement d’un nouveau lit, de plantations, de protections de berges, afin que ce dernier recouvre un aspect proche de l’état naturel.
MESURES MISES EN OEUVRE
Abaissement complet progressif des clapets du barrage de Rochopt (achevé).
Entretien du cours d’eau :
Suivi du cours d’eau :
Diagnostics du cours d’eau :
RÉSULTATS / IMPACTS POUR LA BIODIVERSITE
2 ans après l’abaissement complet des clapets, l’Yerres présente de nouvelles physionomies sur les plans hydrauliques, écologiques et paysagers. La suppression des clapets permet l’écoulement continu de l’Yerres en toute saison. Comme le conclut l’AFB (évaluation de l’ICE de l'ouvrage, 08/2019), cet abaissement permet la montaison des espèces cibles de poissons (Brochet, Vandoise, Barbeau fluviatile); toutefois à l'étiage des obstacles persistent. Si la franchissabilité est possible pour ces espèces, elle l’est probablement pour les sédiments. La réduction de la hauteur d’eau -1.2 m), réduit l’effet « lac », d'où un resserrement de la surface en eau et une diversification des écoulements. Malgré quelques chutes d’arbres (une quinzaine), l’évolution est encourageante : les profils offrent davantage de possibilités de développement d’habitats naturels : banquettes, colonisées par des cortèges végétaux caractéristiques des rives et ZH, (Aulnus, Salix Carex riparia, mentha aquatica, Lycopus europeaus, Althea officinalis – Inventaires 2020) ; radiers décolmatés du fait de vitesses d’écoulement importantes, laissant apparaître des substrats minéraux grossiers propices aux poissons sensibles à la qualité de l’eau (Loche franche, Goujon, Chabot : expertises 2019) ; insectes tirant profit de ces changements : ex : libellules (12 espèces, dont Gomphe à forceps, Caloptéryx vierge, Cordulie métallique).
On voit renaître dans la vallée, une rivière localement courante, vivante.
Sophie BARBY, adjointe aux services techniques
01-69-00-13-12