Valorisation écologique d’anciennes grandes cultures céréalières en réserve naturelle

2018
Biodiversité locale : gestion et suivi
Grande-Synthe
Communes de 20001 à 100000 habitants
Lauréat des villes moyennes (20 001 à 100 000 hab.)

Organisme/institution en charge de la mise en œuvre : la ville de Grande-Synthe
Services de la collectivité associés : Pôle services techniques ; Pôle aménagement et développement
Budget : 688 665 €
Partenaires financiers : Fonds européen de développement régional ou FEDER (36,9 %) ; Région du Nord-Pas-de-Calais (28,8 %) ; Département du Nord (9,6 %) ; Grande-Synthe (24,7 %)
Partenaires techniques : Alfa environnement (Bureau d’études) et Arietur ; Communauté urbaine de Dunkerque ; Le Conservatoire d’espaces naturels (CEN) du Nord-Pas-de-Calais ; le Centre permanent d’initiatives pour l’environnement (CPIE) Flandre maritime
Date de début du projet : 01/05/2003
Date de fin : 01/12/2007


OBJECTIFS
La valorisation du Prédembourg en réserve naturelle était un véritable challenge. Le projet devait relever de nombreux défis : cacher l’aspect industriel du lieu, opposer une barrière naturelle de protection contre le vent, les pollutions, les poussières et le bruit des usines, développer la place de l’arbre et du boisement dans un paysage où ce type de milieu est peu commun et apporter une nouvelle source de promenade et de connaissance de la biodiversité en milieu péri-urbain.

Ce site, bien que situé au cœur d’un vaste complexe industriel, est entouré de plusieurs zones naturelles de grand intérêt, reliques de milieux naturels présents avant la mise en culture de la plaine maritime et le développement portuaire de Dunkerque. Certains sites ont été identifiés en tant que cœurs de nature d’importance régionale, mis en évidence par le Schéma d’orientation de la Trame verte et bleue dont fait partie maintenant le Prédembourg.

 

MESURES MISES EN ŒUVRE
Historiquement cette surface de 80 ha était vouée à la culture maraîchère et aux grandes cultures céréalières. Dès sa conception, le projet du Prédembourg a pris en compte les enjeux environnementaux, malgré les contraintes très particulières du site. Par exemple, les lignes à haute tension ont contraint les plantations (choix d’espèces appropriées afin de limiter la taille) ainsi que les caractéristiques du sous-sol traversé par des pipelines et hydrogénoducs. Ces zones à fortes pressions ont été valorisées par la création de milieux ouverts de type prairial, augmentant par ailleurs la diversité des habitats sur le site. Concrètement, ce sont plus de 160 000 végétaux qui ont été plantés (choix des espèces selon la nature du sol pour assurer leur pérennité).

  • Pour le boisement, de jeunes plants forestiers d’origine locale ont été plantés (feuillus typiques des Chênaies-Frênaies, Chênaies-Charmaies, Aulnaies-Frênaies et Saulaies-Aulnaies). Les méthodes de reboisement utilisées ont permis de favoriser les espèces longévives comme le chêne. Pour ce faire, les espèces plantées initialement (saules, Aulne glutineux, trembles, Bouleau verruqueux, Érable champêtre…) ont été choisies pour leurs propriétés d’amélioration des caractéristiques du sol et du microclimat en faveur des espèces longévives. La plantation initiale s’est faite de façon à reconstituer un semis naturel. Enfin, des semis de glands de chêne ont été dispersés.
  • Des lisières arbustives, diversifiées, ont été plantées pour créer des conditions microclimatiques, entourant les plantations d’avenir.
  • Des microclairières sont laissées sans plantation pour maintenir la mosaïque de milieux.
  • Des zones humides ont été créées par élargissement des fossés existants et creusements.
  • En plus de la préservation des pelouses sèches, les milieux prairiaux d’écotype sauvage ont été semés sous les lignes à haute tension ou sur le réseau qui sillonnent le site. Un ponton, des panneaux d’accueil et d’interprétations, des lisses-reposoirs ont été installés.

Pendant 3 ans la ville a assuré un entretien adapté aux milieux :

  • fauche avec exportation, pâturage, débroussaillage dès fermeture des zones humides… ;
  • paillage au pied de chaque arbre avec une dalle biodégradable ;
  • semis de trèfles et de graminées dans les allées ;
  • plantation d’une oseraie dans le but de récupérer des branches pour renforcer les travaux de soutien des berges ou pour des animations ;
  • maintien des arbres et du bois mort.

 

RÉSULTATS/IMPACT POUR LA BIODIVERSITÉ
Sur les 21 habitats recensés, les 4 habitats patrimoniaux identifiés sont liés aux zones humides, plus particulièrement à la présence : d’herbiers de Chara rugueuse (Chara aspera), d’une roselière à Scirpe

maritime (très rare et quasi-menacée dans le Nord-Pas-de-Calais), d’une roselière à Phragmite commun et de la Morelle douce-amère (assez rare). La végétation patrimoniale observée sur le site est liée aux milieux mésophiles ouverts. Il s’agit de la pelouse calcicole mésophile située sur l’une des buttes. Cette végétation est rare et vulnérable dans le Nord-Pas-de-Calais.

Près de 250 taxons floristiques ont été recensés dont 12 taxons protégés et 20 patrimoniaux (un inventaire complémentaire est en cours en 2018 dans le cadre de l’Atlas de la Biodiversité Communale). Concernant la faune : 29 espèces nicheuses ont été recensées en 2014, 17 libellules observées, 26 espèces de papillons, 14 espèces de criquets/sauterelles et 18 espèces de mammifères.

Depuis juillet 2015, le site du Grand Prédembourg est déclaré en Réserve Naturelle Régionale avec le site du Petit Prédembourg et les boisements du Puythouck (délibération du Conseil régional datant du 10 juillet 2015). La valorisation écologique des anciennes grandes cultures céréalières en réserve naturelle a permis :

  • de consolider les continuités écologiques identifiées sur le territoire à caractère urbain et industriel ;
  • de développer une nouvelle source d’activité économique via l’activité agricole mise en place sur le site dans le cadre de la gestion écologique. Cette pratique participe à la protection de 2 races locales menacées de disparition : le Mouton boulonnais et la Rouge flamande, sur la base d’un partenariat avec des éleveurs locaux et le Centre régional de ressources génétiques (CRRG)

Contact :

Édith DHAINNE, chargée de la gestion différenciée
e.dhainne@ville-grande-synthe.fr
03 28 23 66 63

Pour en savoir plus :
http://www.ville-grande-synthe.fr/ville-durable/premiere-capitale-biodiversite/reserve-naturelle-regionale/