Suivi et gestion de sols pollués dans le parc naturel urbain de Rennes

2016
Biodiversité et citoyenneté
Rennes (Ille-et-Vilaine)
Communes de plus de 100 000 habitants
Capitale française de la biodiversité

Organisme /institution en charge de la mise en œuvre : Ville de Rennes – Direction des Jardins et de la Biodiversité

Services de la collectivité associés : Service Transition Écologique et Énergétique

Budget : Action intégrée dans les études et travaux de dépollution (3 M€ HT) et d'aménagement (10 M€ HT) du Parc Naturel Urbain de Rennes

Partenaires financiers : DREAL – Caisse des Dépôts (Programme d'investissement d'Avenir - Fond Ville de demain - Ecocité 2) – Région Bretagne (Fond de Prévention des Risques Naturels Majeurs - PAPI Vilaine)

Partenaires techniques : ADEME – Agrocampus-Ouest – INRA – Université de Franche-Comté – ELISOL environnement – Bureau d'étude STRATE et HORIZON – Bureau d'étude ENVIROPOL Conseil – BASE paysagistes – EODD Ingénieurs Conseils – INGEROP

Date de début du projet : Janvier 2012

Date de fin : fin des travaux en 2021 et suivi du site prévu à long terme


 

OBJECTIFS

Dans le cadre du projet d'aménagement d'un Parc Naturel Urbain (PNU) au cœur de Rennes, une étude préalable de la qualité des eaux et des sols a mis en évidence une pollution généralisée du site en métaux lourds (plomb, zinc, cuivre, cadmium).

Des études complémentaires ont été menées sur deux aspects :

  • l'impact sanitaire et la compatibilité entre la nature des sols et les usages futurs ;
  • l'impact de la pollution sur la biodiversité et la capacité du milieu à se régénérer.

L'étude des bioindicateurs des sols a pour objectif de restaurer et réutiliser les sols dégradés en zone urbaine ainsi que d'évaluer et de restaurer les services écosystémiques rendus par ces sols. À terme, il s'agit de disposer d'une boite à outils d'évaluation multicritères, facilement applicable et réutilisable par les collectivités et aménageurs.

L'objectif est également d'optimiser la gestion des terres polluées en présence, d'assurer un suivi à long terme de la pollution et de l'évolution des milieux naturels associés.

Au-delà de la valeur d'exemple, cette action révèle une volonté pédagogique de la collectivité, en assumant l'histoire des sols urbains et en les valorisant sur place.

 

MESURES MISES EN ŒUVRE

Un premier diagnostic de la qualité des eaux et des sols a été réalisé entre 2008 et 2010, dans les jardins cultivés des Prairies Saint-Martin. Il a permis d'évaluer la pollution du site sur la base d'analyse d'eau dans les cours d'eau et dans les puits présents et surtout de prélèvements de terre, de fruits et de légumes dans chacun des 120 jardins cultivés. L'étude quantitative des risques sanitaires a mis en évidence une incompatibilité entre la nature des sols et la culture de légumes feuille, particulièrement consommés sur le site (salades...). L'activité de jardinage a donc dû être interrompue et les locataires transférés sur d'autres sites de la ville.

Dans le cadre du projet de Parc Naturel Urbain, le lit majeur de la rivière doit être restauré, par la suppression de 60 000 m3 de remblai. Depuis 2014, des études complémentaires ont été menées sur l'ensemble du site de 30 ha pour chiffrer les surcoûts liés à la pollution et optimiser la gestion des terres : certaines sont réutilisables car compatibles avec les usages futurs, d'autres non lixiviables peuvent être confinées dans le cadre des travaux paysagers, le reste sera renvoyé en centre d'enfouissement. Un plan de gestion et une analyse des risques résiduels sont inclus à cette étude.

Un diagnostic écologique a été réalisé sur une période d'un an et intégré à l'étude d'impact environnementale du projet. Ces inventaires faune-flore, ont révélé l'hétérogénéité de l'occupation des sols et la forte pression anthropique sur les espaces végétalisés. Néanmoins quelques espaces à enjeux ont été répertoriés. Ce diagnostic a été complété d'une détermination des zones humides (flore et pédologie).

Les éléments sur la nature des sols, leur pollution, la végétation qui s'y développe et le programme d'aménagement du PNU ont servis de base à l'étude des bio-indicateurs des sols.

Le partenariat avec l'ADEME, l'Agrocampus Ouest et l'Université de Franche Comté a permis de développer une approche expérimentale sur le site des anciens jardins ouvriers :

  • analyse des transferts et des effets des polluants : pédologie, indice OMEGA 3 (stress des végétaux), bioaccumulation dans la chaine trophique (végétaux, escargots) ;
  • analyse de l'état de l'écosystème et son fonctionnement : biomasse microbienne, structuration des communautés de nématodes et de lombriciens.

 

RESULTATS

L'étude des bio-indicateurs confirme les études sur la pollution des sols, permet d'évaluer la biodisponibilité des polluants et leurs transferts dans la chaîne trophique. Malgré le volet sanitaire humain, l'impact s'avère modéré sur la biodiversité. L'étude démontre que les milieux naturels, que le projet de PNU prévoie de restaurer, auront une bonne capacité à se reconstituer. Ces éléments abondent le plan de gestion des sols pollués.

Les outils développés permettront également la surveillance sur le long terme des sols contaminés laissés sur place et le suivi de la reconstruction des sols dégradés.

La contribution de la ville de Rennes, par la mise à disposition de ce site d'étude pour la recherche, permettra également à d'autres collectivités et aménageurs d'utiliser à terme cet outil de diagnostic et de suivi des sols et de la biodiversité.

 


Pour en savoir plus :

Laurence ROUX, assistance Maîtrise d'ouvrage/Conducteur, Direction des jardins et de la biodiversité, Service Maîtrise d'ouvrage Jardins et Biodiversité, Ville de Rennes

l.roux@ville-rennes.fr

02 23 62 19 65