Restauration de la Vologne et de ses affluents

2019
Biodiversité locale : gestion et suivi
Communauté de communes de Bruyères Vallons des Vosges
Intercommunalités

  • Organisme / institution en charge de la mise en œuvre : la Communauté de communes de Bruyères Vallons des Vosges
  • Services de la collectivité associés : Aménagement de l’espace
  • Budget : 1,2 millions €
  • Partenaires financiers : Conseil départemental des Vosges ; Agence de l’eau Rhin-Meuse
  • Partenaires techniques : Conseil départemental des Vosges ; Agence de l’eau Rhin-Meuse ; Syndicat Intercommunal pour l’Aménagement du Durbion ; Fédération Départementale de Pêche des Vosges ; Agence française pour la biodiversité ; direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DREAL) ; la Communauté de Communes des Hautes Vosges ; la Communauté d’Agglomération de Saint Dié des Vosges ; la Communauté d’Agglomération d’Epinal
  • Date de début du projet : 01/01/2019

OBJECTIFS

Le territoire de la Communauté de communes est parcouru par de nombreux cours d’eau qui rejoignent la Moselle pour les uns, la Meurthe pour les autres. Il s’agit de ruisseaux, ou de rivières, qui ont souvent été malmenés par les interventions humaines au fil des siècles passés : canalisation, dérivation, curages… ayant abouti à une forte détérioration de la qualité de ces milieux.

Afin d’en améliorer la qualité écologique des opérations de restauration et de réouverture de rivières ont été nécessaires. Les travaux avaient pour objectifs de retrouver des fonctionnalités morphologiques favorables à l’autoépuration des eaux, à la constitution d’habitats favorables pour la biodiversité, et de permettre aux espèces de se déplacer à nouveau le long des berges et de prévenir des risques d’inondation dans le cadre de l’adaptation au changement climatique.

 

MESURES MISES EN ŒUVRE

Le Ruisseau d’Argent et la Mortagne sont des cours d’eau du territoire ayant bénéficié de travaux qui ont permis d’en améliorer l’état global, préalablement au lancement du programme de restauration de la Vologne et de ses affluents.

La restauration de la Vologne, portant sur 159 km de rivière, a été réalisée suite à une étude menée par le Bureau d’études SINBIO, qui assure la Maitrise d’œuvre du programme de travaux conduit par l’entreprise « Nature & Techniques ». Les mesures mises en place sont les suivantes :

  • Restauration des ripisylves : retrait des espèces non inféodées à ces milieux (résineux), traitement sélectif des sujets malades ou malvenants, et plantation d’arbres et arbustes locaux pour conforter la diversité des espèces formant la végétation rivulaire. Localement, la mise en place de boutures de Saules en forte densité permet de juguler les effets d’une érosion active le long du cours d’eau ;
  • aménagement et protection de berge par tressage ou par technique mixte aux endroits où l’érosion menace la stabilité d’infrastructures ;
  • remplacement des buses rondes « traditionnelles » souvent infranchissables, par des ouvrages cadre permettant la bonne franchissabilité piscicole et assurant un bon transit sédimentaire.
  • réouverture d’un cours d’eau : Remise à ciel ouvert de la rivière Jamagne en aval de Gérardmer sur 50 ml et réouverture du Ruisseau de Prey (ruisseau pépinière) sur 35 ml. ;
  • Reconnexion et renaturation de l’annexe hydraulique du Joinrupt, permettant la remise en eau d’un bras de rivière de 2.1 km, servant de ruisseau pépinière pour les populations de truites locales ;
  • renaturation des composantes hydromorphologiques des cours d’eau : diversification des écoulements de la Jamagne dans la traversée de Gérardmer, modification locale du tracé du Ruisseau des Clous à Jussarupt ;
  • Opérations de lutte contre les espèces végétales exotiques envahissantes en tête de bassin versant sur des zones à enjeux : Lutte contre la Renouée du Japon sur le bassin versant de la rivière Barba où cette espèce exotique invasive est encore peu présente

 

RÉSULTATS / IMPACTS POUR LA BIODIVERSITE

Une évaluation de l’impact des travaux sur les populations piscicoles est en cours (pêches électriques d’inventaires réalisées sur plusieurs années). Elle est réalisée par la Fédération Départementale de Pêche des Vosges, en concertation avec les AAPPMA locales. Enfin, les paramètres physico-chimiques et biologiques sont suivis par l’Agence de l’eau Rhin-Meuse et la DREAL.

Le programme de travaux porte sur 159 km de rivières, et se traduit par :

  • Restauration « légère » de la ripisylve sur : 28 595 ml ;
  • Restauration « modérée » de la ripisylve sur : 35 095 ml ;
  • Restauration « forte » de la ripisylve sur : 8 085 ml ;
  • Suppression des résineux en berge sur 6 400 ml ;

Soit 78 175 ml de ripisylve reconstituée !

  • Reconnexion de 2 100 ml d’annexes hydrauliques ;
  • Arasement ou aménagement de 8 seuils transversaux,
  • Pose de 6 ouvrages cadre en remplacement des buses rondes infranchissables.

 

Des pêches d’inventaire et de suivi ont été réalisées en  2016 et 2018.

La session de 2016, réalisée au démarrage des travaux, sert d’état initial du cours d’eau. Les opérations de pêche réalisées en 2018, si elles montrent de premières indications encourageantes, ne sont pas représentative de l’impact des travaux sur le milieu celui-ci ayant un temps de réponse de plusieurs années suite aux premières interventions. Toutefois, sur 2 stations traitées dès les premières semaines de travaux, les effectifs de salmonidés ont doublé par rapport à l’état initial (coupe des résineux en berge et apport de lumière au cours d’eau). Il s’agit d’une réponse rapide des populations présentes à proximité des stations traitées qui ont colonisé un territoire devenu favorable.

 

D’autres pêches auront lieu en 2020, et devraient livrer des résultats intéressants. Ce rythme d’inventaire devrait être maintenu à l’avenir à raison d’une session tous les 2 ans.

Enfin, le bassin versant est historiquement caractérisé par la présence de Moules Perlières (Margaritifera Margaritifera) dont les populations étaient réputées éteintes jusqu’à la découverte de quelques spécimens en 2005. La CCB2V travaille, avec le Muséum d’Histoire Naturelle de Colmar, la DREAL Grand-Est, l’AFB et l’Agence de l’Eau, à des prospections visant à identifier la localisation des derniers individus de l’espèce (recherches ADNe en cours) et de déterminer des actions à mettre en place pour sa conservation.


CONTACT 

Laurent TAUPIAC, chargé de Mission Environnement

l.taupiac@cc-bruyeres.fr

03 29 57 36 11

 

POUR EN SAVOIR PLUS :

https://www.ccb2v.fr/bulletins