Lutte contre l'érosion et le ruissellement des sols en milieu agricole

2019
Biodiversité locale : gestion et suivi
Communauté d'Agglomération Maubeuge-Val de Sambre
Intercommunalités
Lauréat des intercommunalités

  • Organisme / institution en charge de la mise en œuvre : Communauté d'Agglomération Maubeuge-Val de Sambre
  • Services de la collectivité associés : Assainissement ; Eau ; Ressources environnementales ; Traitement des eaux usées
  • Budget : 75 000 € (études) ; 29 423,94 € (plantations) ; 476 400 € (aménagements)
  • Partenaires financiers : Agence de l'Eau Artois-Picardie ; Conseil départemental du Nord
  • Partenaires techniques : Chambre d'Agriculture ; Parc Naturel Régional de l'Avesnois
  • Date de début du projet : 01/01/218
  • Date de fin : 31/12/2021

OBJECTIFS

Le territoire de la CAMVS est soumis à de nombreux risques naturels : inondation, érosion, coulées de boue, bétoires… En 2017, afin de diminuer ces risques, les élus ont décidé de prendre la compétence Gestion des Milieux Aquatiques et Prévention des Inondations en anticipé et étendue à l’érosion (GEMAPI-E). Dans ce cadre, la CAMVS a porté son attention sur la lutte contre l'érosion et le ruissellement des sols en milieu agricole au vu des épisodes récurrents de coulées de boues, ces phénomènes se répétant et s'accentuant d'année en année. La démarche entreprise sur le territoire de la collectivité vise à répondre à plusieurs objectifs :

  • mieux connaître l'origine des phénomènes de ruissellement ;
  • proposer des mesures agronomiques visant à optimiser l’infiltration des pluies dans les sols ;
  • mettre en place des aménagements d'hydraulique douce et de régulation des flux dans le parcellaire agricole.

 

MESURES MISES EN ŒUVRE

En 2017, la CAMVS a confié à la Chambre d’Agriculture l’étude de 7 bassins versant jugés prioritaires au regard de l’intensité et de la récurrence des évènements et du nombre d’habitations touchées. Cette étude a pour but de déterminer les zones sensibles sur lesquelles l'évolution des pratiques agronomiques et/ou la réalisation de travaux complémentaires seraient nécessaires. La Chambre d'Agriculture a ainsi proposé des solutions mixtes, adaptées aux caractéristiques pédologiques (sols limoneux argileux ou limoneux battants) : bandes enherbées, haies, fossés, fascines, bassins de rétention...

En 2017 et 2018, une opération de plantation de haies champêtres a été proposée aux agriculteurs volontaires, situés sur les secteurs sujets aux risques d’érosion, car les haies permettent de réduire la vitesse et le volume des ruissellements. En effet, les végétaux freinent les écoulements et les racines accélèrent l’infiltration de l’eau. Les haies sont financées à 20 % par le programme départemental d’aide pour la plantation de haies bocagères et à 80 % par la CAMVS. En contrepartie, les exploitants s’engagent à réaliser l’entretien de ces haies sur un minimum de 5 ans en respectant un cahier des charges. Dix essences locales sont proposées, avec un minimum de 6 essences différentes par haie. Plusieurs types de haies sont distingués selon leur vocation :

  • « la haie de lutte contre les ruissellements concentrés » est à placer dans les passages d’eau, elle est constituée uniquement d’essences à recéper, implantées de façon dense et en quinconce ;
  • « la haie de maintien de talus » a pour but de consolider les sols en profondeur afin de résister aux ruissellements. Elle est principalement constituée d'espèces à enracinement profond et les implantions des végétaux sont assez espacées ;
  • « la haie simple » freine les ruissellements diffus. C’est une haie traditionnelle du paysage rural, elle peut également être valorisée par différentes fonctions : production de bois, clôture, brise vent, rôle cynégétique ou paysager.

Les enjeux liés à l’érosion des sols sont également pris en compte dans les documents et opérations de planification. Par exemple, le PLUi protège les « dispositifs végétaux » ayant un intérêt dans la lutte contre l’érosion et le ruissellement, dont les haies bocagères (classement au titre de l’article L.151-23 du code de l’urbanisme).

 

RÉSULTATS / IMPACTS POUR LA BIODIVERSITÉ

En 2017 et 2018, 12 agriculteurs ont bénéficié du dispositif de plantation pour un total de 3,7 km de haies recréées et de 7 483 pieds plantés. Les essences utilisées sont issus d’une pépinière de production située dans une région dont le climat correspond aux conditions climatiques de l’Avesnois.

Cette action contribue à préserver et à renforcer le paysage rural de bocage ainsi que le maillage écologique.

Ces haies sont principalement implantées entre des parcelles de cultures. Composées d'au moins 6 essences différentes, dont plusieurs mellifères et à fruits, elles offrent une diversité intéressante d'habitats et de continuités écologiques en milieu ouvert.


CONTACT 

Gaëlle KANIA, chargée de mission Trame Verte et Bleue

gaelle.kania@amvs.fr

03 27 69 26 91