Les « Jardins à quai » : quand biodiversité rime avec originalité

2013
Biodiversité locale : gestion et suivi
Nantes (Loire-Atlantique)
Communes de plus de 100 000 habitants

Organisme en charge de la mise en œuvre : Ville de Nantes - Service Espaces Verts

Partenaires financiers et techniques : Le Groupe Mammalogique Breton, Le Syndicat mixte EDENN, la Fédération des amis de l’Erdre, le Conservatoire des rives de la Loire, Bretagne Vivante, la Ligue de protection des oiseaux

Dates de l’action : Ouverture au public le 18 juin 2013


 

OBJECTIFS

Après avoir créé un port sur l’Erdre en 2004 autour de l’ancienne île Feydeau, le Service Espaces Verts et Environnement de la ville (SEVE) a décidé d’investir en 2009 son plus beau cours d’eau en plein centre-ville, dans un espace sans plante et sans vie sociale, servant il y a encore peu d’années de parking.

Cette opération dénommée « jardins flottants » a fait surgir des massifs plantés sur les pavés des quais et sur l’eau. L’effet visuel de ces radeaux a été immédiat ainsi que son appropriation par le public, fortement déçu d’apprendre que l’œuvre ne serait pas pérenne.

Un axe n’avait pas été approfondi en amont : l’accueil de la faune et de la flore locale. Pourtant, l’image créée était tellement crédible qu’après une quinzaine de jours, des libellules se reproduisaient dans des mares réalisées sur les quais, des canards et poules d’eau nichaient sur les radeaux…

 

MESURES MISES EN ŒUVRE

Aussi, quand le SEVE a eu le feu vert pour recréer ces « jardins flottants » dans le cadre de « Nantes, capitale verte européenne 2013 », un nouvel objectif s’est ajouté : les jardins flottants allaient être recréés avec pour ambition de tester comment en milieu urbain, fortement minéral, mais connecté par une trame bleue, il est possible de recréer un écosystème qui fonctionne et qui accueille donc faune et flore locales.

Une identification des espèces faunistiques présentes dans les alentours de l’Erdre a été élaborée en utilisant divers inventaires (mammifères, poissons, oiseaux, chiroptères, insectes…), nécessaires pour établir une liste d’espèces et envisager une adaptation des jardins flottants à la faune locale.

Les jardins flottants sont conçus à partir d’une flore uniquement locale et spécifique des zones humides, telles que le Jonc diffus, la Cardamine des prés, les salicaires, les roseaux ou encore l’Iris des marais.

Différentes adaptations ont alors été mises en place sur ces jardins, mais également sur les quais qui les entourent. Nichoirs à chauves-souris, paniers de ponte pour canards et poules d’eau, hôtels à insectes, nichoirs à passereaux, frayères artificielles à poissons, ou encore des mares artificielles qui coexistent dans cet habitat du centre-ville, participent au développement d’une biodiversité jusqu’ici insoupçonnée. Toutes ces adaptations ont été pensées et adaptées à chaque type d’espèce susceptible d’être présente aux abords des jardins flottants sur l’Erdre.

Un suivi écologique a alors été mis en œuvre afin d’apprécier l’efficacité des adaptations. À l’aide d’un panneau d’affichage posé sur le Quai Ceineray, le public peut suivre les relevés effectués au fur et à mesure des semaines. Des animations permettant la découverte de la faune et la flore de l’Erdre sont aussi organisées durant la période estivale.

Budget de l’action : 150 000 €.

 

RESULTATS

Quelques jours après l’arrivée des radeaux végétalisés sur l’Erdre, certaines espèces avaient déjà pris position dans ces nichoirs, telles que des poules d’eau et des canards préparant leurs paniers de ponte et quelques hérons restant à proximité pour guetter leur repas.

Deux espèces d’abeilles initialement absentes du centre-ville ont aussi été identifiés sur les radeaux.

Les terrasses en bois installées sur les pavés des quais permettent aux habitants de s’installer pour observer la faune.

 


Romaric PERROCHEAU, Directeur du Jardin des Plantes et du Conservatoire de la Biodiversité, Ville de Nantes

romaric.perrocheau@mairie-nantes.fr

02 40 41 65 15