La Charte de l’Arbre

2015
Aménagement du territoire : Démarches de planification en faveur de la biodiversité
Métropole de Lyon (Rhône)
Intercommunalités

Organisme en charge de la mise en œuvre : Métropole de Lyon.

Service de la collectivité associé : Service Arbres et Paysage.

Budget de l’action : Temps agents + budget de communication (20 000 €).

Partenaires financiers et techniques : Coproduction avec de nombreux acteurs dont la Fédération nationale des producteurs de l'horticulture et des pépinières, entreprises du paysage, Fédération Française du Paysage. Plus de 100 signataires fin 2015.

Dates de l’action : Rédaction de la charte en 2011.


 

OBJECTIFS

La Métropole de Lyon s’était doté une première Charte signée en 2000, qui devait faire évoluer en interne les pratiques des services techniques et a largement porté ses fruits en permettant aux usagers du territoire de redécouvrir leurs arbres et aux services de la communauté urbaine de développer une palette complète de bonnes pratiques pour assurer la protection et le développement du patrimoine arboré.

En 2011, la volonté a été d’élargir les cibles de la charte à tous les acteurs du territoire désireux de s’investir sur la thématique de l’arbre en ville : propriétaires d’espaces arborés (collectivités territoriales, entreprises, établissements publics, associations, particuliers…), professionnels (élagueurs, pépiniéristes, paysagistes, urbanistes…) ou usagers (particuliers, entreprises, associations…).

La charte de l’arbre renouvelée par la Métropole de Lyon propose alors une entrée thématique. Elle fait écho aux grandes orientations stratégiques développées dans l’agglomération (Agenda 21, PADD SCoT et PLU) et s’articule avec le plan climat ou celui des modes doux. À la croisée des problématiques d’environnement, d’accessibilité et d’usage de l’espace public, de solidarité intergénérationnelle, la charte de la forêt urbaine renforce la transversalité vers un traitement partenarial et engagé.

 

MESURES MISES EN OEUVRE

La charte de l’arbre s’articule ainsi autour de huit grands principes.

La diversité

Il s’agit ici d’utiliser au mieux les quelques 300 espèces et variétés d’arbres de la région lyonnaise, pour leur valeur ajoutée paysagère, mais aussi par exemple pour une meilleure résistance aux risques épidémiologiques ou une réduction du risque d’allergies. De plus, en choisissant le bon arbre au bon endroit et en anticipant les futures conditions climatiques, on en augmente la résilience.

 

La permanence

Elle permet de veiller à conserver au fil des saisons un paysage attrayant en prenant mieux en compte l’évolution des végétaux, qu'ils soient à feuilles caduques ou persistantes. Une attention particulière sera toutefois portée au bioclimatisme et à l’ombrage qui peut être apporté aux bâtiments selon l’effet recherché.

 

La durée

Afin de prolonger la durée de vie des arbres en milieu urbain, le principe à retenir est « planter moins mais planter bien » en choisissant une densité adaptée à l’espèce et au lieu, une essence adaptée à l’espace aérien disponible afin de réduire les interventions de taille, un espace souterrain suffisant en quantité et en qualité pour l’enracinement et l’alimentation de l’arbre, un programme de taille réduit pour simplement accompagner le développement naturel des arbres et une protection contre les agressions, chocs, pollutions du sol.

 

La dynamique du paysage

Il s’agit ici d’inscrire le paysage dans la durée afin d’anticiper le développement des arbres et les modifications du paysage. En effet la plantation d’un arbre créé un paysage qui va évoluer dans l’espace et dans le temps, c’est ce que l’on appelle la dynamique du paysage qui doit systématiquement être modélisée lors des projets de plantations.

 

L’économie

Choisir la bonne densité de plantations, des arbres de tailles moyennes (moins chers mais qui poussent plus vite et rattrapent vite leurs ainés), adapter l’entretien, sont autant de façons de rationaliser les dépenses tant publiques que privées. De plus, reconnaitre les services et bénéfices de l’arbre en ville permet d’intégrer cet aspect dans les calculs monétaires.

 

La pédagogie

Pour faciliter l’acceptation des habitants, un plan de communication comprenant affichages, ateliers, évènements, doit être mis en place et s’accompagner d’outils pour mieux comprendre les attentes des habitants (de type sondage).

 

La solidarité

C’est-à-dire penser à la solidarité entre les territoires et entre les générations, pour les générations futures.

 

La recherche et l’innovation

Afin d’engager une démarche d’amélioration continue, la ville se doit d’adopter une stratégie de recherche et de développement dans le domaine de l’arboriculture urbaine et du paysage.

 

Ces grands principes sont accompagnés d’un cahier de recommandations pour passer à l’action avec des exemples concrets d’actions à mettre en œuvre pour suivre les huit grands principes énoncés plus haut.

 

RESULTATS

Entre 1990 et 2015, le nombre d’arbres sur le territoire de la Métropole de Lyon est passé de 42 000 à plus de 90 000 amenant aujourd’hui la surface de canopée (choisi comme indicateur annuel par la Métropole de Lyon) à 3,65 Mm².

Le patrimoine arboré, ainsi que le couvert ombragé devraient continuer à augmenter et une projection a été faite par les services. Si le rythme actuel est poursuivi il devrait y avoir 120 000 arbres sur les espaces publics de l’agglomération en 2030 générant 6,9 Mm² de couvert ombragé, soit près de 25% de l’ensemble des surfaces de voirie.

 


 

Frédéric Ségur, Directeur du Service Arbres et Paysage, Métropole de Lyon

fsegur@grandlyon.com

04 78 95 70 65