Rennes, nouvelle capitale française de la biodiversité

La ville de Rennes est élue Capitale française de la Biodiversité 2016. Elle a été choisie parmi 72 collectivités candidates dans le cadre du concours ouvert aux villes et intercommunalités françaises, dont le thème central était cette année « Sols & biodiversité ».

Rennes (Ille-et-Vilaine) voit ainsi reconnue son action de longue date en faveur de la gestion écologique de ses espaces verts et de ses espaces publics, tout comme son travail de protection des espaces naturels et de prise en compte de la trame verte, bleue et noire dans ses documents d’urbanisme et de planification. Au regard du thème 2016 « Sols & biodiversité », la réalisation du quartier de la Courrouze sur une friche militaire en préservant au maximum les sols, la végétation en place et le fonctionnement hydrologique du site, est un exemple de reconstruction de la ville sur elle-même utilisant et optimisant les fonctions écosystémiques. Son programme ambitieux visant à recréer une zone naturelle d’expansion des crues en cœur de ville dense, sur les prairies de Rennes, est aussi un exemple pionnier de prise en compte de la pollution des sols urbains. Ce problème complexe en matière de santé humaine et d’impacts sur la biodiversité locale est géré avec courage et responsabilité par la ville qui a développé avec ses partenaires scientifiques un programme de recherche inédit. Enfin, la création d’un Conseil local de la biodiversité associant collectivités, institutions, associations naturalistes et de protection de la nature, ainsi que les acteurs de la connaissance et de la recherche scientifique, augure d’un travail fécond à l’avenir. 

Trois autres collectivités sont distinguées d’un titre national :
•    Saint-Prix (Val d’Oise) est désignée « Meilleure petite ville pour la biodiversité 2016 » avec une reconnaissance de son travail de longue date de préservation et de valorisation de son espace naturel sensible d’initiative locale, son action pour le « zéro phyto » ou encore ses actions pédagogiques de proximité).
•    Albi (Tarn) est « Meilleure ville moyenne pour la biodiversité 2016 », ce qui salue son engagement en faveur de l’agriculture urbaine et péri-urbaine ainsi qu’un travail fin avec des associations naturalistes comme l’Office pour les Insectes et leur Environnement (OPIE) ou la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux).
•    La Métropole Rouen Normandie (Seine-Maritime) est désignée la « Meilleure Intercommunalité pour la biodiversité 2016 », pour son engagement dans le cadre d’un plan pluriannuel d’actions en faveur de la biodiversité organisé en fonction des grands enjeux de sa trame verte et bleue locale, qui couvre tout autant ses forêts, son réseau de mares et ses nombreuses zones humides, que ses pelouses calcaires ou silicicoles, milieux naturels exceptionnellement riches en biodiversité mais aussi très fragiles.

Deux prix régionaux ont de plus été décernés :    
•    La Métropole Nice Côte d’Azur (Alpes-Maritimes) reçoit le trophée de « Capitale régionale de la biodiversité 2016 » décerné au titre de la participation de l’Agence régionale pour l’Environnement en Provence-Alpes-Côte d’Azur à l’opération. Un titre qui récompense un travail fin de la collectivité sur l'occupation du sol (MOS) et la trame verte et bleue, l'expérimentation d’aménagement écologique d’espaces de nature avec certaines communes, l'aide à la mise en place de plusieurs jardins partagés sur le territoire, et les actions d'éducation à la nature.
•    Courbevoie (Hauts-de-Seine) est distinguée par le « prix Natureparif » décerné par l’Agence régionale pour la nature et la biodiversité en Île-de-France, saluant les efforts exceptionnels et de grande ampleur de cette ville très dense de première couronne parisienne pour végétaliser tous les espaces disponibles et même désimperméabiliser certains espaces minéralisés avec une dynamique de participation citoyenne remarquable.

Les 72 villes et intercommunalités participantes agissent toutes, à leur manière, en fonction de leur histoire, de leur contexte comme de leurs moyens, de façon positive pour la biodiversité, la préservation des sols agricoles et naturels, la connaissance et la pédagogie sur la nature. À partir de leurs réponses à un questionnaire exigeant, elles se sont ainsi vu attribuer de 1 à 5 « libellules » symbolisant leur niveau d’engagement en tant que « villes-nature » (résultats « libellules »).
L’évaluation des candidatures et des actions présentées a été réalisée par un comité scientifique et technique composé de chercheurs, techniciens territoriaux, représentants d’institutions et d’associations spécialistes de la nature, sur dossier et au travers de visites de terrain chez les 18 finalistes dans chaque catégorie (petites villes, villes moyennes, grandes villes et intercommunalités). Chacune de ces visites a fait l’objet d’un rapport illustré, consultable ci-dessous.

Les collectivités finalistes en 2016, autour du thème « Sols & biodiversité » étaient :

Catégorie petites villes   
Bouc Bel Air (lire le rapport de visite)
Gleizé (lire le rapport de visite)
Le Porge (lire le rapport de visite)
Saint-Prix (lire le rapport de visite)

Catégorie villes moyennes :
Albi (lire le rapport de visite)
Courbevoie (lire le rapport de visite)
Hazebrouck (lire le rapport de visite)
Saint-Brieuc (lire le rapport de visite)
Vitrolles (lire le rapport de visite)

Catégorie grandes villes
Besançon (lire le rapport de visite)
Caen (lire le rapport de visite)
Le Havre (lire le rapport de visite)
Lille (lire le rapport de visite)
Lyon (lire le rapport de visite)
Rennes (lire le rapport de visite)

Catégorie intercommunalités
Métropole Nice Côte d’Azur (lire le rapport de visite)
Montpellier Méditerranée Métropole (lire le rapport de visite)
Métropole Rouen Normandie (lire le rapport de visite)

Les actions exemplaires identifiées sur le thème de l’édition 2016 « Sols & biodiversité » sont consultables individuellement ou au travers du recueil d'actions 2016.
Un benchmark des actions des collectivités participantes a été réalisé dans le cadre d'un travail universitaire, il est lisible ici.

La cérémonie de remise des trophées se tiendra le 17 octobre prochain dans les locaux conjoints des Ministères du Logement et de l’Environnement à la Défense en présence de Madame Barbara Pompili, secrétaire d’Etat à la Biodiversité.

Le concours Capitale française de la Biodiversité est organisé par Plante & Cité, centre technique national sur les espaces verts et le paysage urbain, et par Natureparif, l’agence régionale pour la nature et la biodiversité en Île-de-France en coordination avec la mission d’installation de l’Agence française pour la Biodiversité dans le cadre de l’expérimentation de la régionalisation de la future Agence française pour la Biodiversité. Il est soutenu par les Ministères du Logement et de l’habitat durable et de l’Environnement, de l’énergie et de la mer, par l'ONEMA et par le Secrétariat exécutif de la Convention biologique des Nations-Unies. Enfin, il s’appuie sur de nombreux autres partenaires , réunis au sein de son Comité scientifique et technique, organe unique de gouvernance et d’évaluation du concours.

Rennes est la sixième ville à décrocher le titre de « Capitale française de la biodiversité » après Strasbourg (2014), Niort (2013), Lille (2012), Montpellier (2011) et Grande-Synthe (2010).

L’édition 2016 a permis de mettre en avant l’importance du sol comme support de la biodiversité et des fonctions écologiques et le rôle des collectivités pour en assurer la préservation voire la restauration. En 2017, l’opération Capitale française de la Biodiversité invitera les collectivités à valoriser leurs actions sur le thème « Aménager, rénover et bâtir en favorisant la biodiversité ».